Tiré de http://www.jean-luc-melenchon.fr/?p=677
Pendant que je
parlais à Figeac, devant cette salle de 500 personnes dont j’ai parlé
hier, se nouait au parlement européen le vote sur la libéralisation de
l’énergie. Ce vote portait sur le 3ème paquet de directives sur la
libéralisation du marché de l’électricité et du gaz. Ces directives, on
le devine, visent à renforcer la libre concurrence et à achever la
libéralisation du secteur. Que sait faire d’autre l’Union Européenne ?
Au cas précis il s’agissait d’accélérer le démantèlement des
entreprises intégrées de service public, chiennes galeuses accusées de
fausser la concurrence. Le vote a eu lieu. Sans surprise, EDF et GDF
vont devoir séparer plus fortement leurs activités de production, de
fourniture (services de distribution, en contact avec le client) et de
transport (les lignes, les gazoducs etc). Bien sûr cette cette
désintégration ouvre la voie à une privatisation rampante des réseaux
et de la distribution. C’est d’ailleurs commencé avant même le vote.
Maintenant c’est la loi. On connait l’enchainement. Tout va se faire
par des filialisations et des externalisations au profit du privé.
Adieu l’égalité devant le service public. Adieu les investissements de
long terme dans le réseau. Voici enfin l’ère de la modernité. Cela veut
dire que ce qui marchait bien pour tous va complètement dysfonctionner,
que tout vaudra plus cher et que tout finira dans un scandale à
l’occasion duquel on rappellera l’État pour réparer des dégâts inouïs!
Les rapaces vont encore se goinfrer et les gens souffrir. C’est
justement ce que dénonce actuellement le mouvement des agents des
services de distribution d’EDF et GDF nommés dorénavant ERDF et GRDF en
application des règles de dépeçage. Certes, sous la pression des États,
le compromis final voté par le Parlement européen n’impose certes plus
une séparation patrimoniale totale et obligatoire entre les activités
de production et celles de transport. Si cela avait été fait cela
aurait valu une privatisation directe. Mais il impose une séparation
accrue. Comme d’habitude, des petits pas toujours dans la même
direction. Jusqu’à la prochaine fois. En pleine campagne européenne ça
vaut la peine de savoir qui a voté comment. Surtout que les intéressés
ne vont pas s’en vanter. En effet, le PPE et le PSE ont massivement
voté pour (187 voix du PSE pour, 2 contre, 2 abstentions !).La majorité
de la GUE et des Verts ont voté contre. Les socialistes français ont
brillé. Illisibles comme un de leur meeting. La majorité a voté pour
comme l’ensemble du PSE. Et parmi ceux-ci Françoise Castex, Vincent
Peillon, Stéphane Le Foll, Pervenche Bérès, Jean-Louis Cottigny,
Béatrice Patrie, Bernard Poignant, Catherine Trautmann. Benoît Hamon et
Harlem Désir se sont abstenus. Kader Arif et Henri Weber n’ont pas pris
part au vote. Seules Marie-Noelle Lienemann et Anne Ferreira ont voté
contre. Dites merci. Vous auriez pu aller le dire au meeting de
lancement de campagne du PS a Toulouse le 24 avril.
Comment est-il possible qu’une
telle information nous soit passée totalement inaperçue ? Une recherche via
Google Actualité nous livre la réponse : voyez vous-même, aucun grand média
français n’en a parlé ! Voilà ainsi comment les citoyens sont informés en pleine
campagne électorale. Les "socialistes" français voteraient donc main dans la
main avec les UMPistes au Parlement européen ? Et ils prétendent
vouloir changer l’Europe ?
Cette collusion serait
manifeste d’après L’Observatoire de
l’Europe, qui annonce la prochaine parution d’une étude
explosive, dans une brève en date du 3 mai : "L’étude à venir porte sur
l’année 2008 et fait apparaître que le groupe du PPE-DE, majoritaire,
qui rassemble les partis de centre-droit en Europe (dont l’UMP pour la
France) et le groupe PSE (socialistes) ont voté dans le même sens sur
97% des votes par appel nominal (rapports,
résolutions) examinés par le Parlement européen. Un score digne de la Douma de
l’ex Union soviétique. Sur 535 votes par appel nominal (votes électroniques, les
seuls qui soient enregistrés et donc traçables) les groupes PPE et
PSE n’ont voté différemment que dans 18 cas. Et sur ces 18 votes par appel
nominal où ils ont divergé, ça n’était pas forcément pour s’opposer puisque l’un
des deux groupes à choisi l’abstention 8 fois. C’est à dire que
droite et gauche au Parlement européen ne se sont opposées que
dans 10 cas sur 535 votes. Sur ces dix votes qui les ont vus
s’opposer, un seul était un texte de nature législative. La convergence des
votes du PPE et du PSE exprimées en pourcentages est donc de 97%."
Signalons que L’Observatoire
de l’Europe est dirigé par Christophe Beaudouin, qui n’est autre que le
conseiller pour les affaires européennes de Philippe de Villiers. Est-ce à dire
qu’il ne faudrait pas prendre en compte les informations qu’il délivre, si elles
s’avèrent exactes ? Attendons la parution de l’étude en question pour trancher.
Quoi qu’il en soit, le vote "socialiste" en faveur du 3e Paquet énergie est bien une
réalité. Comme la trahison des mêmes dans la félonie du Traité de
Lisbonne. Qui veut voter PS aux européennes
?